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Tome second.
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DE L' E S P R I T'.

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CHAPITRE XIV.

De r Amitié.

Aimer, c’eft avoir besoin. Nulle amitié sans be-soin : ce ieioit un ester sans cause. Les hommes n’oncpas tous les mêmes besoins ; l’amitié est donc , entreeux , fondée fur des motifs difrérens. Les uns ont be-soin de plaisir ou d’argent, les autres de crédit, ceux-cide converser, ceux-là de confier leurs peines : en con-séquence , il est des amis de plaisir, d’argent (i), d’in-

(i) On s'est tué , jusqu 1 à présent, à répéter, les unsd’après les autres , qu’on ne doit pas compter, parmi sesamis, ceux dont l’anvtié intéressée ne nous aime que pournotre argent Cette forte d’amitié n’est pas, fans doute,la plus flatteuse : mais ce n’en est pas moins une amitiéréelle. Les hommes aiment, par exemple, dans un con-trôleur-général la puissance qu’il a d^obliger. Dans la plu-part d’entre eux, L amour de la personne s’identifie avecl’amour de Largeur. Pourquoi refuferoit-on le nom d’a-mitié à cette espèce de sentiment ? On ne nous aime paspour nous-ir.êmes ; mais toujours pour quelque cause ; Sccelle-là en vaut bien une autre. Un homme est amoureuxd’une femme : peut-on dire qu’il ne L aime pas, parce quec’est uniquement la beauté de ses yeux ou de son teint qu’ilaime en elle ? Mais, dira-t-on, à peine l’homme riche est iltombé dans l’indigence, qu’on cesse alors de L aimer. Oui,fans doute : mais que la petite vérole gâte une femme,

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