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Tome second.
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I l8 DE L' E S P R I T.

trigue, d’esprit & de malheur. Rien de plus utile quede considérer l’amitié fous ce point de vue , & de s’enformer des idées nettes.

on rompra communément avec elle, & cette rupture neprouve pas qu’on ne fait point aimée., lorsqu'-Ile étoitbelle. Que f ami, en qui nous avons le plus de confiance ,& dont nous estimons le plus famé, f esprit & le carac-tère , devienne tout-à-coup aveugle , sourd & muet; nousregretterons en lui la perte de notre ancien ami ; nousrespecterons encore fa momie ; mais , dans le fait , nousne f aimons plus , parce que ce n’est pas un tel hommequè nous avons aimé. Un contrôleur-général est - il dis-gracié ; on ne f aime plus : c'est précisément l'ami devenutout à-coup aveugle, sourd 8e muet. II n’en est pas ce-pendant moins vrai que f homme avide d’argent n'ait eubeaucoup de tendr-.sse pour celui qui pouvoit lui en pro-curer. Quiconque a ce besivn d’areent, est ami né du con-trôle général 8c cle celui qui f occupe. Son nom peut êtreinscrit dans f inventasse des meubles 8c ustensiles apparte-nans à la place. C’est notre vanité qui nous fait refuser lenom d’amitié à f amitié intéressée. Sur quoi j’observerai ,qu’en fait d’amitié , la plus solide 8c la plus durable estcommunément celle des gens vertueux : cependant lesscélérats même en font susceptibles. Si , comme l’on estforcé d’en convenir f amitié n’est autre chose que le sen-timent qui unit deux hommes ; soutenir qu’il n’est pointd’amitié entre les méchans., c’est nier les faits les plus au-thentiques. Peut-on douter que deux conspirateurs, parexemole , ne puissent être liés de f amitié la plus vive ?que Jarficr n’aimât le capitaine Jacques-Pierre ? qu’Octave,qui .n étoit certainement pas un homme vertueux , n’aimátMécèm qui sûrement n'étoit qu’une ame foible ? La forcede f amitié ne se mesure pas fur l’honnêteté de deux anus,mais fur la force de fintérêt qui les unit.