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Tome second.
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1 5<3 s L L’ £ S P R I T.

qui prive un homme de tout consolateur, qui le laisseisolé au milieu de sa patrie, est un motifíuffisant pourformer des âmes vertueuíes. Toute autre espèce dechâtiment rend l’homme timide,lâche & stupide, L’es-pèce de vertu qu’engendre la crainte des supplices , serelient de ion origine ; cette vertu est pusillanime &csans lumière : ou plutôt la crainte n'étouffe que desvices , & ne produit point de vertus. La vraie vertuest fondée fur le désir de l’estime Sc de la gloire , 6cfur 1 horreur du mépris , plus effrayant que la mortmême. J’en prends pour exemple la réponte que leSpectateur Anglois fait faire à Pharamond par unsoldat duelliste , à qui ce prince reprochoit d'avoircontrevenu à les ordres : Comment , lui répondit-il,m’y frais-je soumis ? Tu ne punis que de mort ceuxqui les violent j & tu punis d*infamie ceux qui yobéissent. Apprends que je crains moins la mon que lemépris.

Je pourrois conclure decequej’ai dit, que ce n’estpoint de la nature, mais de la differente constitutiondes états , que depend i’amour ou l'indifférence decertains peuples pour la vertu : mais, quelque justeque fût cette conclulion , elle ne íeroit cependant pasassez prouvée, si , pour jeter plus de jour íur cettematière , je ne cherchois plus particulièrement dansles gouvernemens, ou libres ou delporiques, les cauíesde ce même amour ou de cette même indifférence pourla vertu. Je m’arrêterai d’abord au despotisme : 6c ,pour en mieux connoître la nature, j examinerai quelmotit allume dans les hommes ce désir effréné d'un