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se sont élevés des gens d’une probité plus respectablequ’eclairee, est; un frein avec lequel on peut toujoursdiriger au bien général les paillons des particuliers.La haine de la plupart des hommes peur la vertu n'estdonc pas lester de la corruption de leur nature, maisde 1 imperfection ( i ) de la législation. C'est la légil-lation , si je l ofe dire, qui nous excite au vice, en yamalgamant trop íouvent le plaisir : le grand art dulégislateur est 1 art de les deíunir, & de ne lailïèr au-cune proportion entre l’avantnge que le scélérat retiredu crime & la peine à laquelle il s’expoíe. Si, parmiles gens riches, íouvent moins vertueux que les indi-gens , on voit peu de voleurs Sc d’astaísins, c’est quele profit du vol n'est jamais, pour un homme riche,proportionné au riíque du supplice, II n’en est pasainsi de l’indigent : cette disproportion fe trouvant in-finiment moins grande à son égard , il reste, pour ainsidire , en équilibre entre le vice Sc la vertu. Ce n estpas que je prétende insinuer ici qu’on doive mener leshommes avec une verge de fer. Dans une excellentelégislation , & chez un peuple vertueux , le mépris,
(i ) S; les voleurs font aussi fidèles aux conventions fastesentre eux que les honnêtes gens, c’est que le damer com-mun , qui les unit, les y nécessite. C’est par ce même motifqu’on acquitte si scrupuleusement les dettes du jeu , Scqu’on fait si impudemment banqueroute à ses créanciers.Ór , si '/intérêt fait faire aux coquins ce que la vertu faitfaire aux honnêtes gens , qui doute qu’en maniant habile-ment b princ'pe de 1 intérêt, un législateur éclairé ne pûtnécessiter tous les hommes à la vertu ?
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