Band 
Tome second.
Seite
155
JPEG-Download
 

T) E L' E S P RI T. 155

laquelle mille d’entre eux ont péri. Osons, pour lebonheur de l’humanité & celui des souverains, leséclairer fur ce point, leur montrer le danger auquel,fous un pareil gouvernement , eux & leurs peuplesíont exposes. Qu’ils écartent déformais loin d’eux toutconseiller perfide, qui leur infpireroir le detir du pou-voir arbitraire : qu’ils sachent enfin que le traité le plusfort contre le despotisme, íeroit le traité du bonheur& de la conservation des rois.

Mais, dira-t-on > qui peut leur cacher cette vérité?Que ne comparent ils le petit nombre de princes bannisd’Angleterre au nombre prodigieux d’empereurs grecsou turcs égorgés fur le trône de Constantinople ? Siles sultans, répondrai - je, ne font point retenus parces exemples eífrayans, c’est qu’ils n’ont pas ce tableauhabituellement préíentà la mémoire ; c’est qu’ils fontcontinuellement poulies au despotisme par ceux quiveulent partager avec eux le pouvoir arbitraire ; c’estque la plupart des princes d’orient , instrumens desvolontés d’un viíîr , cèdent par foibleífe à fes délits,& ne font pas aster avertis de leur injustice par lanoble résistance de leurs sujets,

L’entréeau deípotiíme est facile. Le peuple prévoirrarement les maux que lui prépare une tyrannie affer-mie. S’il l’apperçoit enfin , c’est au moment qu’accabléfous le joug, enchaîné de toutes parts, & dans l’im-puistance de (e défendre, il n’attend plus qu’en trem-blant le supplice auquel on veut le condamner.

Enhardis par la foiblesie des peuples, les princesfe font despotes. Ils ne savent pas qu’ils iufpendent