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Tome second.
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154 D E L’ E S P R I T.

d’etat, & leurs ouvrages brûlés par l’autorité publi-que. On vit des écrivains célèbres , tels que Piine ,réduits à composer des ouvrages de grammaire , parcsque tout genre d'ouvrage plus élevé étoit suspect à latyrannie , ôc dangereux pour son auteur. Les savansattirés à B.ome par les Auguste , les Vespaiien , lesAnronins & les Trajan , en étoient bannis par lesNéron, les Caligua, les Domitien §c les Caracalla. Onchaíla les philoíophes ; on proícrivit les sciences. Cestyrans verdoient anéantir , dit Tacite , tout ce quiportoit l’empreinte de 1 esprit ôc de la vertu.

C est en tenant ainsi les âmes dans les angoisses per-pétuelles de la crainte, que la tyrannie lait les avilir:c est elle qui, dans l’orient, invente ces tortures, cesíupj. lices (i) íì cruels; íupplices quelquefois nécestairesdans ces pays abominables ; parce que les peuples yfont excités aux forfaits, non-feulement par leur mi-sère > mais encore par le sultan,qui leur donne l’exempledu crime, & leur apprend à mépriser la justice.

Voilà & les motifs lur lesquels est fondé l’amourdu despotisme, & les moyens qu’on emploie pour yparvenir. C est ainsi que, follement amoureux du pou-voir arbitraire, les rois se jettent inconsidérément dansune route coupée pour eux de mille précipices, Ôc dans

(r) Si les supplices, en usage dans presque tout Torient,font horreur à i’humr.nitá, c’est que le despote qui les or-donne se sent au-dosTus des lois. II n'en est pas ainsi dansles républiques ; les lois y font toujours douces , parceque celui qui les établit s’y soumet.

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