Band 
Tome second.
Seite
174
JPEG-Download
 

174 D E l’ E S P R I T.

par son général. C’est ici qu 1 avec mon armée je doisvaincre ou périr. Esc - ce à Caliicratidas d’apprendreVart des retraites à des hommes qui jusqu’aujour-d’hui ne se Jont jamais informés du nombre maïsfeulement du heu où campoient leurs ennemis ? Uneréponíe si noble & li haute paroîtroit folle à la plu-part des gens. Quels hommes ont allez d’élévation dansl ame , une connoissance allez profonde de la politi-que , pour sentir, comme Callicratidas, de quelle im-portance il étoit d’entretenir , dans les Spartiates ,l’audacieuseopiniâtreté qui les rendoit invincibles': Cehéros savoir qu'occupés , fans cesse , à nourrir en euxle sentiment du courage 6c de la gloire, trop de pru-dence pourroit en émousser la finesse , & qu’un peuplen’a point les vertus dont il n'a pas les scrupules.

Les demi - politiques, faute dembralíèr une assezgrande étendue de temps , font toujours trop vive-ment frappés d’un danger présent. Accoutumés à con-sidérer chaque action indépendamment de la chaînequi les unit toutes entre elles , lorsqu’ils pensent cor-riger un peuple de l’exccs d’une vertu , ils ne font, leplus souvent, que lui enlever le palladium , auquelsont attachés ses succès &c la gloire.

C’eftdonc à l’ancienne admiration q u'on doit l’ad-mi ration présente que l’on conserve pour ces actions:encore cette admiration n'est-elle qu’une admirationhypocrite ou de préjugé. Une admiration sentie nousporteroit necessairement à l imitation.

Gr, quel homme , parmi ceux là même qui se di-sent passionnés pour la gloire , rougit d’une victoire