DEL’ ESPRIT. IZZ
il n’en est pas ainsi des gouvernemens où la puiíïànceest, comme dans Rome & dans h Grèce, partagéeentre le peuple , les grands , ou les rois. Dans cesétats l’intérêt particulier, étroitement lié à l’intérêtpublic , change les hommes en citoyens. C’est dansces pays qu’un peuple , dont les luccès tiennent à laconstitution même de son gouvernement, peut s’enpromettre de durables. La nécessité où se trouve alorsle citoyen de s'occuper d’objets importans, la hbertéqu’il a de tout peníer & de tout dire , donnent plusde force & d’élévation à son ame : l’audace de soliesprit passe dans son coeur ; elle lui fait concevoir desprojets plus vastes, plus hardis , exécuter des actionsplus courageuses. Rajouterai même que, si l’intérêrparticulier n’est point entièrement détaché de l’intérètpublic ; si les mœurs d’un peuple, tel que les Romains,ne font pas aussi corrompues qu’elles l'etoient du tempsdes Marius & des Sylla ; l’esprit de faction , qui forceles citoyens à s observer & à fe contenir réciproque-ment , est l’eíprit conservateur de ces empires. Ils nese soutiennent que par le contrepoids des intérêts op-poíés. Jamais les fondemens de ces états ne font plusail tirés que dans ces momens de fermentation exté-rieure , où ils parodient prêts à s’écrouler. Ainsi, lefond des mers est calme & tranquille, lors même queles aquilons, déchaînés fur leur surface, semblent leabonleveríer juíques dans leurs abyrnes.
Après avoir reconnu , dans le despotisme oriental,la eau le de l’ignorance des visirs, de l'indifférence despeuples pour la vertu, & du renversement des empires
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