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CHAPITRE XXIII.
Que les Nations pauvres ont toujours été plus avidesde gloire & plus fécondes en grands-hommes _, queles Nations opulentes .
T . f. s héros, clans les républiques commerçantes,lemblent ne s’y préícnter que pour y détruire la ty-rannie , & disparaître avec elle. Ce toi t dans le pre-mier moment de la liberté de la Hollande, que Balzacdiloir de ses habitans, qu’t/r avoient mérité d’avoirDieu Jeul pour roi puijquils ti avoient pu endurerd’avoir un roi pour Dieu. Le íol propre à la produc-tion des grands-hommes est:, dans ces républiques,bientôt éprit lé. G’est la gloire de Carthage qui dilpa-roît avec Annibal. L'esprit de commerce y détruit né-cessairement l'esprit de force & de courage. Les peu-ples riches 3 dit ce même Balzac, se gouvernent parles discours de la raison qui conclut à l’utile _, & nonselon Vinstitution morale 3 qui se propose Vhonnête &lé hasardeux.
Le courage vertueux ne se conserve que chez lesnations pauvres. De tous les peuples, les Scythesétoient peut-être les seuls qui chantassent des hymnesen l’honneur des dieux, (ans jamais leur demanderaucune grâce; persuadés, diíoient-ils , que rien nemanque a l’homme de courage. Soumis à des chefs