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dont le pouvoir étoit aílèz étendu, ils croient indé-pendans, parce qu ils celíoient d'obéir au chef, lorí-qu’il cessoit d’obéir atix lois. II n’en est pas des nationsriches comme de ces Scythes, qui n’avoiem d’autrebesoin que celui de la gloire. Par-tout où le commercefleurit, on préfère les richesses à la gloire , parce queces richesses font l’échange de tous les plaisirs, &c quel’acquisiticn en est plus facile.
Or, quelle stérilité de vertus & de talons cette pré-férence ne doit-elle point occasionner? La gloire nepouvant jamais être decernée que par la reconnoií-fance publique, Pacquisition de la gloire est toujoursle prix des íervices rendus à la patrie : le désir de lagloire fuppoíe toujours le désir de fe rendre utile à fanation.
II n’en est pas ainsi du désir des richesses. Elles peu-vent être quelquefois le prix de l’agiotage, de la baf-feste, de l’espionage, & souvent du crime; elles sontrarement le partage des plus ípirituels & des plus ver-tueux. L’amour desrichestes ne porte donc pas néces-sairement à l’amour de la vertu. Les pays comnrer-çans doivent donc être plus féconds en bons négociansqu’en bons citoyens, en grands banquiers qu’en héros.
Ce n’est donc point fur le terrein du luxe & desrichesses, mais íur celui de la pauvreté que croilientles lublimes vertus ( 1 ) ; rien de si rare que de rencon-
(t) J’y ajouterai le bonheur. Ce qu’il est impossible dedire des particuliers, peut se dire des peuples ; c’est queles plus vertueux font totùours les plus heureux : or, le?plus vertueux no font pas les plus riches Sc les plus com-merçans.