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Tome second.
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DE l’ e s P R I r, 197

jeter sur les honneurs la manière ridicule dont on lesadministre , qu’on le rappelle l’abus qu’on en rai loi cfous le règne de Claude. Sous cet empereur, dit Pline,un citoyen tua un corbeau célèbre par son adresse ; cecitoyen fut mis à mort ; on fit à cet oiseau des funé-railles magnifiques ; un joueur de flûte précédoit lelit de parade lur lequel deux esclaves portoient le cor-beau, 8c le convoi étoit fermé par une infinité de gensde tout sexe & de tout âge. C’està ce sujet que Plines’écrie: « Que diroient nos ancêtres , íi, dans cette» rnème Rome, où l’on en terroir nos premiers rois« lans pompe , où l’on n’a point vengé la mort du« destructeur de Carthage & de Numance, ils aílls-» toient nux obsèques d’un corbeau -- !

Mais , dira-t on , dans les pays fournis au pouvoirarbitraire, les honneurs cependant lont quelquefois leprix du mérite. Oui, fans doute : mais ils le font plussouventdn vice 3c de la baífeílè. Les honneurs font,dans ces gouveruemens, comparables àces arbres éparsdans les déserts , dont les fruits, quelquefois enlevéspar les oiieaux du ciel, deviennent trop souvent laproie du serpent, qui , du pied de I’arbre , s’est, enrampant , élevé juíqu’à fa cime.

Les honneurs une fois avilis, ce n'est plus qu’avecde largeur qu’on paie les services rendus à l’état. Or,toute nation qui ne s’acqnitte qu’avec de l'argent, estbientôt surchargée de dépenses ; l’ttat épuise devientbientôt insolvable ; alors il n’est plus de récompensepour les vertus & les talens.

En vain dira-t-on , qu’éclaircs par le besoin , lesM<

xi .