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Tome second.
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Ï 9$ t> E l' esprit.

princes , en cette extrémité, devroient avoir recoursà la monnoie des honneurs : si , dans les républiquespauvres , où la nation en corps est: la distributrice desgrâces, il est facile de rehausser le prix de ces honneurs ;rien de plus difficile que de les mettre en valeur dan*un pays despotique.

Quelle probité cette administration de la monnoiedes honneurs ne fuppoferoit elle pas dans celui quivoudroit y donner du cours ? Quelle force de caractèrepour résister aux intrigues des courtisans ? Quel discer-nement pour n’accorder ces honneurs qu’àde grandsralens ik. de grandes vertus > & les refuser constam-ment à tous ces hommes médiocres qui les décrédite-roient ? Quelle justelle d’elprit pour laisir le momentprécis , où ces honneurs , devenus trop communs,n'excitent plus les citoyens aux mêmes efforts, où l’ondoit, par conséquent, en créer de nouveaux ?

11 n'en est pas des honneurs comme des richesses. Sirintérêt public défend les refontes dans les monnaiesdor & d’argent, il exige, au contraire, q u’on en fassedans la monnoie des honneurs , lorfqu’ils ont perdudu prix qu'ils ne doivent qu’à l’opinion des hommes.

Je remarquerai , à ce lujet, qu’cn ne peut, fansétonnement , considérer la conduite de la plupart desnations, qui chargent tant de gens de la régie de leursfinances, & n’en nomment aucuns pour veiller à 1 ad-ministration des honneurs. Quoi de plus utile cepen-dant que la diícuílìon sévère du mérite de ceux qu'onélève apx dignités ? Pourquoi chaque nation n’auroit-^çllepas un tribunal qui, par un examen profond ôc