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Tome second.
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DE L' E S P R I T.

Si je jette les yeux fur l’histoire du nord , les pre-miers peuples qui le prélentenc à nies regards , l'on tles disciples d Odin. Ils íont animes de 1 espoir d’unerécompense imaginaire, mais la plus grande de routes,loríque la crédulité la réalise. Audi, tant qu’ils fontanimés d’une foi vive , ils montrent un courage qui,proportionné à des récompenses célestes , est encorelupérieur à celui des Flibustiers. Nos guerriers 3 avi-des du trépas , dit un de leurs poètes , le cherchentavec fureur : dans les combats frappés du coup mor-tel , on les voit tomber 3 rire & mourir. Ce qifrm dsleurs rois, nommé Lodbrog, confirme, loríqu’i! s’é-crie, lur le champ de bataille : Quelle joie inconnueme saisit ! Je meurs : j\ntends la voix d’Odin quim’appelle ; déjà les portes de son palais s’ouvrent ;f en vois sortir des files demi-nues ■ elles font ceintesd’une écharpe bleue j qui relève la blancheur de leurfan • elles s’avancent vers moi , 6’ m’offrent une bierredélicieuse dans le crème sanglant de mes ennemis.

Si du nord je p a Ile au midi, je vois Mahomet,créateur d’une religion pareille à celle d’Odin , leditsrenvoyé du ciel, annoncer aux Sarrasins que le Très-haut leur a livré la terre ; qu’tl feroit marcher devanteux la terreur & la déíoiation, mais qu’il faut en méri-ter l’empire par la valeur. Pour échauffer leur courage,il enseigne que TEternel a jeté un pont sur l’abymedes enfers. Ce pont est plus étroit que le tranchant ducimeterre. Aptes la rélurrection, le brave le franchirad’un pied léger pour s’élever aux voûtes célestes ; &le lâche, précipité de ce pont, fera en tombant reçu