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Tome second.
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304 D E L’ E S P R I T.

ne leur auroient alors oppoléque d’impuiíîantes bar-rières.

Pour leur résister , il eût fallu armer les chrétiensdu même esprit dont la loi de Mahomet animoit lesmusulmans ; promettre le ciel & la palme du mar-tyre j comme Saint-Bernard la promit, du temps desCroisades , à tout guerrier qui mourroic en combat-tant les infidèles : proposition que l’empereur Nicé-phore fit aux évêques assemblés, qui, moins habilesque Saint-Bernard, la rejetèrent d’une communevoix (i).Ils ne s’apperçurent point que ce relus dtcou-

pliées de ses armées , assemble, à ce sujet , un conseil ,moins composé d’hovnmes d'état que de théologiens : ony expose les maux actuels de l’empire ; on en cherche lescauses; 8c l'on conclut, selon l'u sage de ces temps, queles crimes de la nation avoient irrité le Très-Haut, Scqu'on ne pourroit mettre fin à tant de malheurs que parle jeûne, les larmes 8c la prière.

Cette résolution prise , l’empereur ne considère aucunedes ressources qui lui ressuient encore , après tant de dé-sastres; ressources qui se fussent d’abord présentées à sonesprit , s’il avoir su que le courage n’étoit jamais quel’esset des passions ; que, depuis la destruction de la répu-blique, les Romains n'étant plus animés de l’amour de lapatrie, c’étoit opposer de timides agneaux à des loupsfurieux, que de mettre des hommes fans passons au.cmains avec des fanatiques.

(i) 11s alléguoient, en faveur de leur sentiment, l’an-cienne discipline de l'église d’orient, 8c le treizième canonde la lettre de saint Basile-le-grand à Amphiloque. Cettelettre portoit que tout soldat qui tuoit un ennemi dans letombât } ne pouvait , de trois ans , s‘approcher de la commu-