DE L' E S P R I T. 1LI
d’hui si mous Sc si efféminés : Pourquoi ces Grecs Scces Egyptiens, qui, jadis recommandables par leuretprit Sc leur vertu, étoient 1 admiration de la terre,en sont-ils aujourd’hui le mépris; Pourquoi ces Asia-tiques, si braves fous le nom d’Elér,mites, si lâchesSc si vils du temps d'Alexandre, fous celui de Perses,feroient-ils, ions le nom de Parthes, devenus la ter-reur de Rome, dans un siècle où les Romains n’avoientencore rien perdu de leur courage & de leur disci-pline ? Pourquoi les Lacédémoniens, les plus braves& les plus vertueux des Grecs, tant qu’ils furent reli-gieux observateurs des lois de Lycurgue, perdirent ilsTune & l'autre de ces réputations, loríqu'après laguerre du Péloponnèfe, ils eurent lailfé introduiral’or Sc le luxe chez eux ? Pourquoi ces anciens Cartes,si redoutables aux Gaulois > n’auroient - ils plus lemême courage ; Pourquoi ces Juifs, si souvent défaitspar leurs ennemis, montrèrent-ils , íous la conduitedes Machabées, un courage digne des nations les plusbelliqueuses? Pourquoi les sciences Sc les arts > tour-à-tour cultivés & négligés chez différais peuples, out-ils fucceílivement parcouru presque tous les climats ìDans un dialogue de Lucien : « Ce n’est point en•> Grèce, dit la Philosophie, que je sis ma première” demeure. Je portai d’abord mes pas vers 1 Indus ; Sc1 Indien, pour m'écouter, descendit humblement« de son éléphant. Des Indes , je tournai vers l’Ethio-» pie; je me transportai en Egypte : d’Egypte, je pallai" à Babylone; je m arrêtai en Scythie; je revins par» la Thrace. Je conversai avec Orphée, Sc Orphéev m’apporta en Grèce ».