BEL* esprit. rr ;
résolutions les plus hardies, pour satisfaire une certainepaillon, fera fans courage, îorfqu’i! s’ngira d’une autrepaillon. On a vu mille fois le flibustier animé d’unevaleur plus qu’humaine, lorfqu’tlle étoit soutenuepar l’efpoir du butin, se trouver tans courage pour fevenger d’un affront. Céíar, qu’aucun péril n’éton-noít, quand il marchoit à la gloire, ne montoit qu’entremblant dans son char, & ne s’y affeyoit jamaisqu’il n’eût superstitieusement récité trois fois un cer-tain vers, qu’il s’imaginoit devoir l’empécher de ver-ser (1). L'homme timide, que tout danger effraie,peut s’animer d’un courage désespéré, s’il s’agit dedéfendre fa femme, fa maîtresse, ou ses enfans. Voilàde quelle manière l’on peut expliquer une patrie desphénomènes du courage, & la raison pour laquellele même homme est brave ou timide, selon les cir-constances diverses dans lesquelles il est placé.
Après avoir prouvé que le courage est un effet denos besoins, une force qui nous est communiquée parnos paillons, Sc qui s'exerce fur les obstacles que lehasard ou l’intérêt d’autrui mettent à notre bonheur;il faut maintenant, pour prévenir toute objection, Scjeter plus de jour íur une matière íì importante, dis-tinguer deux espèces de courage.
II en est un que je nomme vrai courage : il consisteà voir le danger tel qu’il est, & à l’affronter. II en estun autre qui n’en a , pour ainsi dire, que les effets:
(i) Voyez YHistoire critique de ta philosophie.
Tome II. P