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Tome second.
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DE l.' ESPRIT. 2.27

nette da danger qu’on affronte, ou de l’ignorance en-tière de ce même danger. Que d’hommes font íailìsd'effroi au bruit du tonnerre, & craindraient de palierune nuit dans un bois éloigné des grandes routes, lorf-qu’on n’en voit aucun qui 11 ’aille de nuit , 8c sanscrainte , de Paris à Versailles ? Cependant la mal-adresse d’un postillon , ou la rencontre d’un assaílìndans une grande route , font des accidens plus com-muns , & , par conséquent , plus à craindre qu’uncoup de tonnerre , ou la rencontre de ce méme alfuílindans un bois écarté. Pourquoi donc la frayeur est elleplus commune dans le premier cas que dans ls second ìC’est que la lueur des éclairs Sc le bruit du tonnerre,ainsi que l’obscunté des bois , présentent chaque ins-tant à 1 esprit l’image d’un péril que ne réveille pointla route de Paris à Versailles. Or, il est peu d’hom-mes qui soutiennent la présence du danger : cet aspecta sur eux tant de puissance, qu’on a vu des hommes,honteux de leur lâcheté, íe ruer, 8c ne pouvoir sevenger d’un affront. L'aspect de leur. ennemi étouí-foit en eux lecri de ! honneur; il falloir, pour y obéir,que , seuls 8c s échauffant eux mêmes de ce sentiment,ils saisissent le moment d’un transport, pour se don-ner , si je l’ose dire , la mort, lans s’en appercevoir.C’estaufli pour prévenir l’esset que produit, fur pres-que tous les hommes , la vue du danger , qu’à laguerre, non content de ranger les soldats dans un ordrequi rend leur fuite très-difficile, on veut encore, enAsie, les échauffer d 'opium ; en Europe, d’eau-de-vie ;8c les étourdir , ou par le bruit du tambour, ou par

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