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Tome second.
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DE L' E S P R I T. . 2.19

affranchir Rome de la tyrannie ; il aííaíïme César ;il lève une armée , attaque , combat Octave , il estvaincu ; il íe tue : la vie lui est inlupportable (ans laliberté de Rome.

Quiconque est susceptible de pallions auílì vives ,est capable des plus grandes choies: non (utilement ilbrave la mort, mais encore la douleur. 11 n’en est pasainsi de ces hommes qui íe dorment la mort par dé-goût pont la vie: ils méritent presqu’autam le nomde sages que de courageux ; la plupart l'eioient fanscourage dans les tortures : ils n’ont point allez de vieôc de force en eux pour en íupporterles douleurs. Lemépris de la vie n’est point en eux l’estet d une paillonforte, mais del’abíence des pallions ; c’est le résultatd’un calcul par lequel ils se prouvent qtsil vaut mieuxn’étre pas, que d’ètre malheureux. Or , cette dispo-sition de leur ame les rend incapables des grandes cho-ses. Quiconque est dégoûté de la vie, s’occupe peu desaffaires de ce monde. Aulìi, parmi tant de Romainsqui se sont volontairement donné la mort, en est ilpeu qui, par le massacre des tyrans, aient ose la ren-dre utile à leur patrie. En vaindiroit-on que la gardequi , de toutes parts , environnent les palais de latyrannie, leur en défendoit l’accès : c’étoit la craintedes supplices qui déíarmoit leur bras. De pareils hom-mes se noient, íe font ouvrir les veines, mais ne s’ex-posent peint à des íupplices cruels : nul motif ne lesy détermine.

C’est la crainte de la douleur qui nous expliquetoutes les bizarreries de cette espèce de courage. Si

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