DE L’ E S P R 1 T. 2.6 J
prir, il faut s’élever à des idées plus générales ; !k pourcet effet , prêter une oreille extrêmement attentivaaux jugemensdu public.
Le public place également au rang des génies lesDeícartes, les Newton , les Locke, les Montesquieu,les Corneille , les Molière , &c. Le nom de géniesqu’il donne à des hommes si difiérens, suppose doncune qualité commune qui caractérise en eux le génie.
Pour reconnoître cette qualité,remontons jusqu’àl’étymclogie du mot génie , pudique c’est communé-ment dans ces étymologies que le public manifeste leplus clairement les idées qu’il attache aux mots.
Celui d 2 génie dérive degignere , gigno , j’enfante,je produis ; il supposé toujours invention : & cettequalité est la feule qui appartienne à tous les géniesdifférens.
Les inventions ou les découvertes font de deux es-pèces. 11 en est que nous devons au hasard; telles ion tla bouííole, la poudre à canon, & généralement pres-que toutes les découvertes que nous avons faites dansles arts.
II en est d’atitres que nous devons au génie r ôc ,par ce mot de découverte, on doit alors entendre unenouvelle combinaison, un rapport nouveau a p perçu,entre certains objets ou certaines idées. On obtientle titre d’homme de génie , si les idées, qui résultentde ce rapport, forment un grand ensemble, font fé-condes en vérités, & intéressantes pour l’humanitési).
(i) Le neuf & le singulier, dans les idées, ne suffit pa-&