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Or, c’est le hasard qui choisit presque toujours pournous les sujets de nos méditations. 11 a donc plus depart qu’on n’imagine aux succès des grands-hommes ,puifqu’il leur fournit les sujets plus ou moins intéres-sans qu’ils traitent, Sc que c’est ce même hasard quiles fait naître dans un moment où ces grands-hommespeuvent faire époque.
Pour éclaircir ce mot époque , il faut observer quetout inventeur daps un art ou une science, qu’il tire,pour ainsi dire, d u berceau, est toujours surpassé parl’homme d esprit qui le suit dans la même carrière ;Sc ce second par un troisième, ainsi de suite , jusqu’àce que cet art ait *íait de certains progrès. En est-onau point où ce même art peut recevoir le dernierdegré de perfection , ou du moins le degré nécessairepour en constater la perfection chez un peuple : alorscelui qui la lui donne , obtient le titre de génie, fansavoir quelquefois avancé cet art dans une proportionplus grande que ne font fait ceux qui l'on t précédé.II ne suffit donc pas d'avoir du génie pour en avoir letitre.
Depuis les tragédies de la passion jufqu’aux poètesHardy & Rotrou,&jusqu'àlaMariámnedeTristan,le théâtre français acquiert successivement une infinité
pour mériter le titre de génie ; il saut, de plus, que cesidées neuves soient ou belles , ou générales , ou extrême-ment intéressantes. C'est en ce point que l’ouvrage degénie diffère de l'ouvrage original, principalement; carac-térise par la singularité.