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cìux y pénètrent, & que, raréfiées par le feu , ellessoulèvent, entrouvrent les montagnes, en ébranlantles fondemens du monde.
Dans les pays où le germe de certaines pallions Scde certains sentimens est étouffé , le public ne peut lesconnoître & les étudier que dans les tableaux q u'endonnent les écrivains célèbres, Sc principalement lespoètes.
Le sentiment est lame de la poésie , & fur-tout de lapoésie dramatique. Avant d’indiquer les signes auxquelson reconnoît, en ce genre , les grands peintres Sc leshommes à sentimens, il est bon d’observer qu’on nepeint jamais bien les passions Sc les sentimens, si l’onn’en est loi-même susceptible. Place-t-on un hérosdans une situation propre à développer en lui toutel’activité des passions : pour faire un tableau vrai, ilfaut être affecté des mêmes sentimens dont on décriten lui les effets, Sc trouver en foi son modèle. Si l’onn’est passionné, on ne saisit jamais ce point précis quele sentiment atteint, & qu’il ne franchit jamais (i) :on est toujours en-deçà ou au-delà d’une nature forte.
D’ailleurs, pour réussir en ce genre, il ne suffit pasd’être, en général, susceptible de passions; il faut,
(i) Dans les ouvrages du théâtre rien de plus communque de faire du sentiment avec de l'esprit.Veut-on peindrela vertu ; on fera exécuter, en ce genre , à son héros desactions que les motifs qui le portent à la vertu, ne luipermettent point de faire. 11 est peu de poètes dramatiques«xejnpf de ce défaut.