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Tome second.
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r8r DE l' E S P R I T.

l’homme doit ces mouvemens fougueux & ces accèsauxquels on donne le nom de sentiment.

On est animé de ces passions, lorfqu’un désir seulrègne dans notre ame , y commande impérieusementà des désirs íubordonnés. Quiconque cède successive-ment à des désirs différens, se trompe s’il se croit pas-sionné , il prend en lui des goûts pour des passions.

Le despotisme, si je l’oíe dire , d’un désir auqueltous les autres font subordonnés , est donc en nousce qui caractérise la passion. II est , en conséquence,peu d’hommes passionnés & capables de sentimensvifs.

Souvent même les mœurs d’un peuple & la consti-tution d’un état s’opposent au développement des pas-sions & des sentimens. Que de pays où certaines pas-sions ne peuvent se manifester , du moins par desactions ! Dans un gouvernement arbitraire, toujourssujet à mille révolutions, si les grands y font presquetoujours embrasés du feu de 1 ambition, il n’en est pasainsi d’un état monarchique, où les lois font en vi-gueur. Dans un pareil état, les ambitieux font à lachaîne, & l’on n’y volt que des intrigans, que jene décore pas du titre d’ambitieux. Ce n’est pas qu’ence pays une infinité d’hommes ne portent en eux legerme de l’ambition: mais, fans quelques circonstancessingulières, ce germe y meurt, íans se développer.L’ambition est , dans ces hommes, comparable à cesfeux fomerreins, allumés dans les entrailles de la terre :ils y brûlent fans explosion , jusqu’au moment où les