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Tome second.
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r86 DE L* E S P R I T.

rival, 8c que Théiis intimidée , pour calmer les soup-çons d’un amant jaloux , lui dit :

Va ,fuis ; te montrer que je crains>

C'ejl te dire ajfcç que je t aime (i).

On sent que le danger où se trouve Pélée est trop ins-tant; oue T hétis n’est pas dans une íìtuation assez tran-quille pour tourner aulll ingénieusement sa repense.Effrayée de l’approche d’un Dieu , qui , d’un mot,peut anéantir son amant, & pressée de le voir partir,elle n’a proprement que le temps de lui crier de fuir,& qu’elle l’adore.

Toute phraíe ingénieusement tournée prouve, à lafois, l’esprit 8c le défaut de sentiment. L/homme agitéd’une pastion, tout entier à ce qu’il lent, ne s’occupepoint de la manière dont il le dit : l’expreílìon la plussimple est d’abord celle qu’il laisit.

Lorsque l’Amour, en pleurs aux genoux de Vénus,lui demande la grâce de Psyché , & que la déestè ricde sa douleur, l’Amour lui dit :

Je ne me plaindrois pas, Jî je pouvois mourir.

Lorsque Titus déclare à Bérénice, qu’enfin le destinordonne qu’ils se séparent pour jamais (z) , Bérénicereprend :

(i) Si, dans ces vers d’Ovide ,

Pignora certa petis , do pignora certa timendo ,

le Soleil dit à peu-près la même chose à Phaëton, son fils jc’est que Phaëton n’est point encore monté fur son char,ni par conséquent dans le moment du danger.

(z) Dans la tragédie angloise de Cléopâtre , Octavie