aSS de l’ e s p r i t.
avoir senti l’amour, en voudra peindre la paillon, nemette , sans s’cn appercevoir, souvent le sentiment enmaxime. Auíiì M. de Fontenelle a-t-il sait uire al unde ses bergers :
L'on ne doit point aimer, lo'squ on a le cœur tendre.
idée qui lui est commune avec Quinault, qui l’exprimeoien différemment, loríqu’il fait dire à Atys :
Si j'aimois un jour , par malheur,
Je connois lien mon cœur ,
11 seroit trop senfiblc.
Si Quinault n’a point mis en maxime le sentiment dontAtys est agité ; c'est qu’il sentoit qu’un homme vive-ment affecté ne s amuse point à généraliser.
11 n’en est pas, à cet égard , de l’ambition commede l’amour. Le sentiment, dans l’ambition , s’allietrès-bien avec l’eíprit 8c la réilexion : la cauíe de cettedifférence tient à l'objet différent que se proposent cesdeux pallions.
Que désiré un amant ? les faveurs de ce qu’il aime.Or, ce n’est point à la sublimité de ion esprit, maisà l’exccs de fa tendresse que ces faveurs font accor-dées. L’amour en larmes, & désespéré aux pieds d’unemaîtresse, est 1 éloquence la plus propre à la toucher.C’est l’ivresse de lantant > qui prépare & saisit cesinstans de faiblesse , qui mettent le comble à sonbonheur. L’esprit n’a point de part au triomphe : 1 es-prit est donc étranger au sentiment de l’amour. D’ail-leurs j l’excès de la paillon d’un amant promet milleplaisirs à l’objet aimé. II n’en est pas ainsi d’un ambi-tieux.