DE L* E S P RIT.
ÏC)t
CHAPITRE III.
De l’Esprit.
IL/ïstrit n’est autrechosequ’un assemblage d’idéesSc de combinaisons nouvelles. Si l’on avoir lait, enim genre, toutes les combinaisons possibles, l’on n’ypOurroit plus porter ni invention ni efptit, l’on pour-roit être lavant en ce genre, mais non pas spirituel.U est donc évident que , s’il ne resteir plus de décou-vertes à faire en aucun genre, alors tout feroir science,& l’eíprit (eroit impossible : on auroit remonté jus-qu aux principes des choses. Une fais parvenus à desprincipes généraux & simples, la science des faits quinous y auroient élevés, ne (eroit plus cu’une sciencefutile, & toutes les bibliothèques oà ces faus íontrenfermés, deviendraient inutiles. Alors , de tous lesmatériaux de la politique & de la légiílation , c’est-à-dire , de toutes les histoires, on auroit extrait, parexemple , le petit nombre de principes qui , propresà maintenir entre les hommes le plus d’égaliié pos-sible , donneraient un jour naissance à la meilUureforme du gouvernement. II en íercit de même de laphysique, ôc généralement de toutes les sciences. A lorsVelprit humain , épars dans une infinité d’ouvragesdivers , feroir, par une main habile , concentré danstin petit volume de principes p à peu près comme les
T z