*9» O F L' E S P R I T.
esprits des fleurs, qui couvrent de vastes plaines, fonr,par l’art du chymiste , facilement concentrés dans unvase d’ellence.
L’esprit humain , à la vérité, est: , en tout genre,fort loin du terme que je suppole. Je conviens vo-lontiers que nous ne serons pas íì-tót réduits à la tristenéceíììté de n’êtrc que lavans ; Sc qu’cnfìn , grâce àl’iguorance humaine, il nous íera long-temps permisd a voir de l’elprit.
L’esprir suppose donc toujours invention. Maisquelle différence , dira-t-cn , entre cette espèce d’in-vention & celle qui nous fait obtenir le titre de gé-nies ? Pour la découvrir , coníultons le public. Enmorale &c en politique, il honorera, par exemple, dutitre de.génies & Machiavel Sc fauteur de 1 Esprit desLoix Sc ne donnera que le titre d hommes de beau-coup d'elprit à la Ilccheioucault & à la Bruyère*If unique différence sensible qu’on remarque entre cesdeux espèces d’hommes, c’est que les premiers traitentde matières plus importantes , lient plus de véritésentre elles , Sc forment un plus grand ensemble queles seconds. Or , l’union d'un plus grand nombre devérités suppose une plus grande quantité de combi-naisons , &:, par conséquent , un homme plus rare.D’ailleurs, le public aime à voir, du haut d’un prin-cipe , toutes les conséquences qu’on en peut tirer : ildoit donc récompenser, par un ritre supérieur, telque celui de génie, quiconque lui procure cet avan-tage , en réunissant une infinité de vérités fous lemême point de vue. Telle est, dans le genre philo-