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avec les autres hommes. Ils n’avoient point applanila carrière des sciences, ni frayé à l’ignorance un che-min pour y marcher. M. de Fontenelle , que je neconsidère point ici fous l’aspect qui le met au rangdes génies, fut un des premiers qui, si je lofe dire ,établit un pont de communication entre la science 6cl’ignorance. II s’apperçur que l’ignorant même pouvoitrecevoir les semences de toutes les vérités ; mais que,pour cet effet, il falloir avec adrestè y préparer soneíprit ; qu une idée nouvelle pour me servir de sonexpression, étoit un coin qu on ne pouvoit faire entrerpar le gros bout. II sit donc fes efforts pour présenterses idées avec la plus grande netteté ; il y réussit, latourbe des esprits médiocres fe sentit tout-à-coupéclairée , & la reconnoiílànce publique lui décerna letitre d’eíprit de lumière.
Que falloit-il pour opérer un pareil prodige? sim-plement observer la marche des esprits ordinaires :lavoir, que tout se tient & s’amène dans Tunivers ;qu’en fait d’idées, l’ignorance est toujours contraintede céder à la force immense des progrès insensibles dela lumière, que je compare à ces racines déliées qui,s insinuant dans les fentes des rochers, y groísilîent,& les font éclater. II falloir enfin sentir que la naturen est qu’un long enchaînement ; 8c que , par le secoursdes idées intermédiaires,l’on pouvoit élever,de procheen proche, les esprits médiocres jusqu’aux plus hautesidées ( 1 ).
( 1 ) II n‘est rien que les hommes ne puissent entendre j