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Tome second.
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D E L* E S P R I T. 331

Le jugement de pareils hommes, quelque richesou puiííans (i)qu’ils soient souvent,ne feroitcepen-dant aucune impression sur le public, s’il n’étoit sou-tenu de l’autorité de certains philosophes qui, jaloux,comme les beaux-esprits, d une estime exclusive, nesentent pas que chaque genre différent a ses admira-teurs particuliers ; qu’on trouve par-tout plus de lau-riers que de têtes à couronner ; qu’U n’est point denation qui n’ait en fa disposition un fond d’estime suf-fisant pour satisfaire à toutes les prétentions des hom-mes illustres, 8c qu’enfin en inspirant le dégoût dubel-efprit, on arme contre tous les grands écrivainsle dédain de ces hommes bornés, qui, intéressés àmépriser l’esprit, comprennent également fous le nomde bel-efprit, qui ne leur est guère plus connu, 8c lessavans, & les philosophes, & généralement touthomme qui pense.

( 1 ) En général, ceux qui, fans succès, ont cultivé lesarts & les sciences, deviennent, sstls font élevés aux pre-miers postes , les plus cruels ennemis des gens de lettres.Pour les décrier , ils fe mettent à la tête des sots; ils vou-draient anéantir le genre d’efprit où ils n’ont pas réussi.On peut dire que, dans les lettres, comme dans la reli-gion, les apostats font les plus grands persécuteurs.