CHAPITRE VIL
De l 1 Esprit du seclz.
Cette sorte d’esprit ne contribue en rien à l’avan-cement des arts Sc des sciences, Sc n’auroit aucuneplace dans cet ouvrage, s’il n'en occupoit une très-grande dans la tête d’une infinité de gens.
Par-tout où le peuple est fans considération, cequ’on appelle l’eíprit du siècle n’est que l’esprit desgens qui donnent le ton, c'est-à-dire, des hommes dainonde & de la cour.
I.'homme du monde & le bel esprit s'expriment l’unSc l’aurre avec élégance Sc pureté ; tous deux font or-dinairement plus sensibles au bien dit qu’au bien pensé;cependant ils ne disent, ni ne doivent dire les mêmeschoies (i), parce que l’un Sc l'autre se proposent desobjets différens. Le bel-esprit, avide de l’estime dupublic, doit ou mettre sous les yeux de grands ta-bleaux, ou présenter des idées intéressantes pour l’hu-manité, ou du moins pour fa nation. Satisfait, aucontraire , de l’admiration des gens du bon ton ,l’homme du monde ne s’occupe qu’à présenter des
(i) Mille traits, agréables dans la conversation, íeroicntinsipides à la lecture. Lc lecleur , dit Boileau, veut meurtii profit son divertijsement.