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sans dégoût ; il n’apperçoit communément dans laconvei íation que ce qu on y dit de bien , Sc 1 hommemédiocre que ce qu’on y dit de mal ou de ridicule.
Perpétuellement averti de Ion ignorance, 1 hommed'elptii s'insttuit dans preíque tous les livres: tropignorant dc trop vain pour ientir le besoin de s'éclairer,l’homme borné , au contraire , ne trouve à s'instruiredans aucun des ouvrages de ses contemporains; &,pour dire modestement qu'il (ait tout, les livres, dit il,ne lui apprennent rien (t) ; il va même juíqu’a (ou-tenir que tout a été dit Sc peníé ; que les auteurs nefont que se répéter, Sc qu ils ne différent entre euxque dans la manière de s’exprimer. O envieux ! lui di-roit on , est ce aux anciens qu’on doit l’imprimerie,l’horlogerie, les glaces, les pompes à feu ? Quel autreque Newton a, dans le siécle dernier, fixé les lois dela pesanteur ? L’électricité ne nous ostre t-elle pas tousles jours une infinité de phénomènes nouveaux? IIn'est plus, selon toi, de découvertes à faire. Mais,dans la morale même Sc dans la politique, où l’ondevroit peut-être avoir tout dit, a-t-on déterminé 1 es-pèce de luxe & de commerce le plus avantageux àchaque nation? en a-t on hxé les bornes? a-t on dé-couvert le moyeu d’entrerenir à la fois dans une nationl’eíprit de commerce <Sc l’eíprir militaire? a-t-on in-dique la forme de gouvernement la plus propre à rendre
(t') Le savant, dit le proverbe persan, sait Srs’en-quiert; mais l’ignorant ne fait pas même de quoi s'en-quérir.