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les hommes heureux? a-t-on feulement fait le romand une bonne législation (i), telle qu’on pourroit, à latête ci’une colonie, l’établir sur quelque côte délertede TAmérique î
Le temps a fait, dans chaque siècle, présent dequelques vérités aux hommes; mais il lui relie encorebien des dons à nous faire. L on peut donc acquérirencore une infinité d'idees nouvelles. L’axiome pro-noncé , que tout efl dit & pensé est donc un axiomefaux, trouvé d’abord par l’ignorance , & répété depuis
(i ) On n’entend pas même, en ce genre, les principesqu’on répète tous les jours : Punir & récompenser est linaxiome. Tout le monde en fait les mots ; peu d'hommesen lavent le sens. Qui l'appercevroit dans toute son éten-due , auroit résolu, par l’application de ce principe, leproblème d’une législation parfaite. Que de choses pa-*teilles on croît savoir, & qu’on répète tous les jours lansles entendre ! Quelle signification différente les mêmesmots n’ont-ils pas dans diverses bouches !
On raconte d’une fille en réputation de sainteté, qu’ellepaífoit les journées entières en oraison. L’évèque le fait, ilva la voir : Quelles font donc les longues prières auxquellcs vousconfier e j vos journées ? Je récite mon Pater , lui dit la fille.Le Pater, reprend l’évèque, est fans doute une excellenteprière ; mais enfln un Parer efl bientôt dit. O Monseigneur,quelles niées de la grandeur,de la puissance, de la bontéde Dieu , renfermées dans ces deux seuls mots, Paternoster ! En voilà pour une semaine de méditation.
J’en pourrois dire autant de certains proverbes ; je lescompare à des écheveaux mêlés : en tient-on un bout; onne peut dévider toute la morale & la politique ; mais ilfaut, à cet ouvrage, employer des mains bien adroites.
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