Band 
Tome second.
Seite
358
JPEG-Download
 

Z)8 DE L* E S P R 1 T.

prisonnier en ressent un chagrin cuisant ; il n’est pointde mère que ra mort de ion fils affecte d’une dou-leur plus violente. Or, d où vient cette conformitéde sentimens pour des objets fi différens ? C’eft que ,dans la perte d’un enfant, comme dans la perte d'unearaignée , l’on n’a louvent à pleurer que Tennui & ledéíœuvrementoù l’on tombe. Si les mèr-.s pnroiffent,en général , plus sensibles à la mort d’un enfant quene le leroit un père , distrait par ses affaires > ou livréaux foins de í’ambition, ce n’est pas que cette mère.aime plus tendrement son fils ; mais c’eft qu’tlle faitune perte plus difficile à remplacer. Les méprises desentiment font , en ce genre, très - fréquentes. Onchérit rarement un enfant pour lui-même. Cet amourpaternel (i), dont tant de gens font parade , Sc dont

cruels 8c méchans. En vain, disent ils, que, cruels à te,gret, c’est le devoir qui leur impose la nécessité d’êtredurs, Tout homme qui, pour l’intérêt de la justice, peut,comme le bourreau , tuer de sing-froid son semblable , lemassacr e toit certainement pour son intérêt personnel, s’ilne craignoit la potence.

(i) Ce que je dis de l’amour paternel, peut s’appliquerà cet amour métaphysique , tant vanté dans nos ancien?romans. L’on est , en ce genre , sujet à bien des méprisesde sentiment. Lorsqu’on imagine, par exemple, n’en vou-loir qti’à l’ame d’une femme, ce n’est certainement qu’àson corps qu’on en veut ; Sc c’est, à cet égard, pour sa-tisfaire & ses besoins, Sc sur-tour fa curiosité, qu’on estcapable de tout. 1 a preuve de cette vérité, c’est le peude sensibilité que la plupart des spectateurs marquent authéâtre pour la tendresse de deux époux, lorsque ces