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ils se croient vivement affectés, n’est , le plus souvent,en eux , qu’un effet, ou du sentiment de la postéro-manie, ou de l’orgueil de commander, ou d’une craintede l’ennui & du désœuvrement.
Une pareille méprise de sentiment persuade auxdévots fanatiques , que c’est à leur zèle pour la reli-gion qu’ils doivent la haine qtt’ils ont pour les philo-sophes , & les persécutions qu’iis excitent contre eux.Mais , leur dit-on, ou l’opinion qui vous révoltedans l'ouvrage d’un philosophe, est faulle, ou elle estvraie. Dans le premier cas, vous pouvez , animés decette vertu douce que íuppose la religion , lui en prou-ver philosophiquement la fausseté; vous le devez mêmechrétiennement. Nous n’exigeons points dit saintPaul,une obéissance aveugle ; nous enseignons nous prou-vons , nous persuadons. Dans le second cas, c’est-à-dire , si l’opinion de ce philosophe est vraie , elle n’estpomt alors contraire à la religion : le croire, c’est unblasphème. Deux vérités ne peuvent être contradic-
mêmes spectateurs font si vivement émus de l’amourd’unjeune homme pour une jeune fille. Qui produiroit en euxcette différence de sentiment, si ce ne sont les sentimensdiíférens qu ils ont eux - mêmes éprouvés dans ces deuxsituations ? La plupart d’entre eux ont senti que, si l'onfait tout pour les faveurs désirées , l’on fait peu pour lesfaveurs obtenues ; qu’en fait d’amour, la curiosité unefois satisfaite, l’on se console aisément de la perte d’uneinfidelle , & qu’alors le malheur d’un amant est très-sup-portable. D’où je conclus que l’amour ne peut jamais êtrequ’un désir déguisé de la jouissance.
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