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bonheur , c’est uniquement à lui seul qu’il doit s’enrapporter. En effet, lï la bonté cl'un conseil dépendalors dune connoiílance exacte du sentiment & dudegré de sentiment dont un homme est affecté, qui peutmieux íe conseiller que soi-mémeï Si i'mtérêt vif nouséclaire fur tous les objets de nos recherches, qui peutêtre plus éclairé que nous fur notre propre bonheur ;Qui lait si, le caractère formé & les habitudes prises,chacun ne se conduit pas le mieux possible, lors nièmequ’il paroít le plus fou ? 1 cut le monde fait cette ré-poníe d’un fameux oculiste :un paysan va le consulter;il le trouve à table , buvant ct mangeant bien : Quefaire pour mes yeux ? lui dit le paylan. Vous abstenirdu vin reprend soculiste. Mais il me semble, reprendle paylan en s’npprochanc de lui, que vosyeux ne fontpas plus sains que les miens _, & cependant vous bu-Tcq ? ... Oui vraiment • c’est que j'aime mieux boireque guérir. Que de gens dont le bonheur est , commecelui de cet oculiste, attaché à des passions qui doiventles plonger dans les plus grands malheurs , & qui ce-pendant , sije l ofe dire , feroient fous de vouloir êtreplus sages 111 est même des hommes, ct 1 expérience ( i )ne l’a que trop démontré , qui Ion t astez malheureu-sement nés pour ne pouvoir être heureux que par desactions qui les mènent à la Grève. Mais, repliquera-
(i) Si, comme le dit Pascal, l’habitude est une seconde8c peut-être une première nature, il saut avouer quel’habitude du crime une fois prise, on en commettra toutesa vie.