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Tome second.
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DE L' E S P R I T. 387

nu mérite, l’efprit de conduite n’est autre choie quele génie même Sc le grand talent. II n’en est pas ainsidans les gouvernemens ou les grâces font dans la mainde quelques hommes dont la grandeur est indépen-dante du bonheur public : dans ces pays, l’eíprit deconduire n’est que 1 art de se rendre utile ou agréableaux diípensareurs des grâces ; Sc c'est moins à son es-prit qu’à ion caractère qu'on doit communément cecavantage. La diípohtion la plus favorable & le donle plus nécessaire pour réussir auprès des grands, est:lin caractère pliable à route forte de caractères Sc decirconstances. Fût-on dépourvu d’eíprir, un tel carac-tère, aiJé d’une position favorable , suffit pour fairefortune. Mais, dira-r-on, rien de plus commun que depareils caractères : il n’efc donc personne qui ne puiíìefaire fortune, Sc fe concilier la bienveillance d'ungrand , en fe iaiínnr ou le ministre de fes plaisirs, oufoi; espion. Auílì le hasard a-t-il grande part à la for-tune des hommes. C’cst le hasard qui nous fait père,époux, ami de la beauté qu’on offre, Sc qui plaît àson protecteur -, c’est le halai d qui nous place chez ungrand, au moment qu il lui faut un espion. Qui-conque cfi jans honneur & jans humeur difoit M. Ieduc d Orléans régent, est un courtisan parfait. Con-séquemment à cette définition , il faut convenir quele partait , en ce genre , n’est rare qu’à l’égard de1 humeur.

Mais u les grandes fortunes sent en général l’ccuvredu hatard, Sc íi l’homme n’y contribue qu’en fe prê-tant aux bassesses Sc aux íripponneries, presque tou-

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