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géographi-politiques du mérite des princes. Leur in-telligence , meíurée fur l'échelle de leur puissance,décroîtroit proportionnément à l’étendue , à la forcede leur empire , à la difficulté d’y pénétrer, enfin àl’autorité, plus ou moins absolue, qu’ils auraient íurleurs sujets , c’est-à-dire, à l’intérêt plus ou moinspreslant qu’ils auroient d’être éclairés. Cette table unefois calculée, & comparée à l’observation, donneraitcertainement des résultats aílèz justes : les Sofis & lesMogols y ieroient mis, par exemple, au nombre desprinces les plus stupides ; parce que, sauf des circons-tances singulières , ou le hasard d’une bonne éduca-tion , les plus puiffims d'entre les hommes en doiventcommunément être les moins éclairés.
Exiger qu’un delpore d’orient s’occupe du bonheurde ses peuples ; que, d’une main forte & d’un brasaffiné , il tienne le gouvernail de l’empire, ce ferait,avec le bras de Ganimcde, vouloir soulever la massued’Hercule. Supposons qu’un Indien fît, à cet égard ,quelques reproches à ton sultan : De quoi te plains tu ?lui répondrait celui ci. As-tu pu , fans justice , exigerque je fuíle plus éclairé que toi même íur tes propresintérêts i Quand tu m'as revêtu du pouvoir suprême,pouvois-tu croire qu’oubliant les plaisirs pour le pé-nible honneur de te rendre heureux, mes successeurs& moi ne jouirions pas des avantages attachés à latoute puissance ? Tout homme s’aime , de préférencenux autres ; tu le fais. Exiger que, sourd à la voix d?ma paresse, au cri de mes passons , je les sacrifie à tesintérêts , c’est vouloir le renversement de la nature.