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peut vivre sans désir au milieu d’ellesì la stupidité pa-ternelle s’imagineroit-elle, lorsque le gouvernementsait bâtir des salles d’opéra ; lorsque l’usage en ouvrel’entrée à la jeunesse, que , jalouse de sa virginité, elle•voie toujours d'un œil indifférent un spectacle où lertransports, les plaisirs & le pouvoir de l’arnour, fontpeints des plus vives couleurs, &c où cette passionpénètre dans les aines par les organes de tous lessens (a) ?
Je ne finirois pas fi je voulois donner la liste detoutes les contradictions de l’éducation européenne& sur-tout de la papiiîe. Dans le brouillard de ses pré-ceptes , comment reconnoître le sentier de la vertu ?le catholique s’en écarte donc iouvent. Auflì fans prin-cipes fixes à cet égard , c’est aux positions où il setrouve, aux livres, aux amis, & enfin aux maîtreííèsque le hasard lui donne , qu’il doit ses vices ou sesvertus. Mais est-il un moyen de rendre l’éducation derhomme plus indépendante du hasard, & commentfaire pour y réussir ;
(a) Qu’on ne conclue point de ce texte, que je veuilledétruire les salles d’opéra ou de la comédie. Je ne con-damne ici que la contradiction entre nos usages & lespréceptes actuels de notre morale. Je ne fuis ni ennemides spectacles , ni fur ce point d? l’avis de M. Rousseau.Les spectacles sont, fans contredit, un plaisir. Or il n’estpoint de plaisir qui, dans les mains d’un gouvernementsage, ne puisse devenir un principe productif de vertu ,Iorsqu’il en est la récompense.