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Tome troisième.
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CHAPITRE X.

Que les plaisirs des sens fonts l’insu même des nations ,leurs plus puijsans moteurs.

Les moteurs de l’homme sont le plaisir & la dou-leur physiques. Pourquoi la faim est-elle le principe leplus habituel de son activité ? c’est qu’entre tous lesbesoins , ce dernier est: celui qui fe renouvelle le plussouvent, & qui commande le plus impérieusement.C’est la faim & la difficulté de pourvoir à ce besoin,qui , dans les forêts donne aux animaux carnacierstant de supériorité d’esprit sur l’animal pâturant. C’estla faim qui fournit aux premiers cent moyens ingé-nieux d’attaquer, de surprendre le gibier : c’est la faimqui retenant six mois entiers le sauvage sur les lacs Scdans les bois, lui apprend à courber son arc, à tresièrses filets, à tendre des pièges à fa proie. C’est encorela faim qui chez les peuples policés , met tous lescitoyens en action , leur fait cultiver la terre , ap-prendre un métier, & remplir une charge. Mais dansles fonctions de cette charge , chacun oublie le motifqui la lui fait exerceri c’est que notre esprit s’occupe,non du besoin , mais des moyens de le satisfaire.Le difficile n’est pas de manger , mais d’apprêter 1©