Band 
Tome troisième.
Seite
270
JPEG-Download
 

ÍJO DE l’ H O M M E.

" de pareilles représentations ; que , de concert avec son-- clergé, elle répande les ténèbres dans son emoire , &» sache qu'un peuple instruit, riche & sans superstition,» est, aux yeux du prêtre, un peuple sans mœurs. Sont-» ce , en effet, des citoyens aisés & industrieux qui, par» exemple , auront pour la vertu de la continence tout le-> respect qu’elle mérite ?

» II en est , dira-t-on, à cet égard , du siècle présent,» comme des siècles passés. Charlemagne, créé saint pour» fa libéralité envers le sacerdoce, aimoit les flmmes« comme François I Lc Henri VIII. Henri III, roi de» France, avo : t un goût moins décent. Henri IV, Eiisa-

beth, Louis XIV, la reine Anne caressoient leurs maî--- tresses ou leurs amans de la même main dont ils terras--° soient lc-urs ennemis. On ajoutera que les moines eux-» mêmes ont presque toujours cueilli en secret les plaisirs» défendus ; & qu’enfin , fans changer la constitution*> physique des citoyens, il est très-difficilè de les arracher-> au penchant damnable qui les porte vers les femmes. II« est cependant un moyen de les y soustraire, c’est de les-- appauvrir. Ce n'est point des corps sains & bien nourris» qu'on peut chasser le démon de la chair : Fon n’y par-» vient que par la prière & le jeûne.

» Qu’à l’exemple de quelques-uns de ses voisins, votre-- majesté nous permette donc de dépouiller ses finets de» toute stiperfluité , de dìmer leurs terres > de piller leurs55 biens, & de les tenir au plus étroit nécessaire. Si, toU-55 chée de ces pieuses remontrances , elle se rend à nos55 prières , que de bénédictions accumulées fur elle ! tout55 éloge seroit au-dessus d’une action fi méritoire. Mais5» dans un siècle où la corruption infecte tous les esprits ,55 où Fimpiété endurcit tous les cœurs, peut-on espérer55 que votre majesté & ses ministres adoptent un conseil si55 salutaire , un moyen si facile d’assurer la continence de>5 ses sujets ?