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Tome troisième.
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DE L* H O M M E. Z0Z

montra plus de force , de vertu , plus d’amour pourla liberté , plus d’horreur pour l’efclavage , & quelpeuple ( le trône des Césars affermi ) montra plus defoiblesse & de vileté (3) ? Sa bâtie lie fariguoit libère.

Indifférent à la liberté , Trajan la lui offre , il larefuse. II dédaigne cette liberté que ses ancêtres eus-sent payée de tout leur sang. Tout change alors dansRome, & l’on voir, à ce caractère opiniâtre & gravequi distinguoit ses premiers habitans, succéder ce ca-ractère léger & frivole que Juvénal leur reproche dansfa dixième satyre.

Veut-onun exemple plus récent d’un pareil chan-gement; com litron s les Anglois d’aujourd’hui aux An-glois du temps de Henri VIII, d’Edouard VI, deMarte & d Elisabeth. Ce peuple , maintenant si hu-main , si tolérant, si éclairé , si libre, si industrieux ,si ami des arts & de la philosophie, n’étoit alorsqu’un peuple esclave, inhumain, superstitieux3 sansarts &c fans industrie.

Un prince ufurpe-t-il fur ses peuples une autoritéfans bornes ; il est sûr d’en changer le caractère, d’é-nerver leur ame , de la rendre Mtintive & bastè (4).C’est de ce moment qu’indifférens à la gloire , sessujets perdent ce caractère d’audace & de constancepropre à supporter tous les travaux , à braver tous lesdangers. Le poids du pouvoir arbitraire brise en euxle ressert de l'émulation.

Qu’impatient de la contradiction (5) , le princedonne le nom de factieux à l’homme vrai ; il a subs-