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admire ; l’admiration fait place à la haine. La res-source de lorgueil, c’est le mépris des talens. I.e vœude l'homme médiocre , c’est: de n’avoir point de su-périeur. Que d’envieux répètent tout bas , d’après jeiie tais quel comique :
Je t aime d'autant plus que je t’eflime moins.
Ne peut on étouffer la réputation d’un homme cé-lèbre ; on exige du moins de lui la plus grande mo-destie. L’envieux a reproché à Diderot, jusqu a cesmots du commencement de son interprétation de lanature: jeune homme , prends , & lis. L'on étoit jadismoins difficile. Le jurisconsulte Dumoulin dit de lui :moi qui n’ai f oint d 1 égal , & qui fuis supérieur atoutle monde. Tant d’actes d’humilité exigés maintenantde la part des auteurs , supposent un singulier accrois-sement dans lorgueil des lecteurs. Un tel orgueil an-nonce la haine du mérite, & cette haine est naturelle.En effir , si , jaloux de leur bonheur , les hommesdésirent le pouvoir, 5c par conséquent la gloire & laconsidération qui le procurent , ils doivent détesterdsns un homme trop illustre celui qui les en prive.Pourquoi dit - on hautement tant de mal des gensd esprit ; c’est qu’on se sent intérieurement forcé d’enpenser du bien. Lorsqu’on tire le gâteau des rois , l’onen conserve une part pour Dieu ; & lorlqu’on dé-taille le mérite d’un homme supérieur, on lui trouvetoujours quelque défaut : c’est la part de l’envie. ^
Ne s’élève-t-on point au dessus de ses concitoyens ;