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Tome troisième.
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DE L* H Ó U M E. 319

on veut les abailser jusqu’à soi. Qui ne peut leur êtresupérieur , veut du moins vivre avec des égaux (14).Tel est Sc fera toujours l’homme.

Parmi les âmes vertueuses Sc le plus au-destus dela jalousie , peut-être 11’en est-il aucune qui ne soir,en ce genre , souillée de quelque tache légère. Quipeut en effet se vanter d’avoir toujours loué coura-geusement le génie ? de n’avoir à cet égard jamaisdiíììmulé son estime ; de n’avoir pas en présence dumartre gardé un silence coupable, 8 c dans les élogesdonnés aux talens, de n’avoir point ajouté un de cesmais perfides, qui si souvent échappent à la jalousie (a) ?

Tout grand talent est, en général, un objet dehaine, & de-là l’empreflement avec lequel on achèteles feuilles où l’on le déchire cruellement. Quel autremotif les feroit lire? seroit-ce le désir de perfectionnerson goût (15)? mais les auteurs de ces feuilles ne sont,ni des Longin , ni des Despréaux : ils n’ont pas mêmela prétention d’éclairer le public. Qui peut composerde bons ouvrages , ne s’amule point à critiquer ceuxdes autres.

L’impuiffance de bien faire produit le critique. Saproíesiïon est humble. Si les Desfontaines plaisent,c’est en qualité de consolateurs des sots (b). C’estl’amertume de leur satyre qui proclame le génie.

(a) Que d’hommes donnent aux anciens la préférencefur les modernes , pour n’être pas forcés de rcconnoitredans leur société un Locke, un Sénèque, un Virgile, &c. !

(£) Racine & Pradon font chacun une Phèdre. Les Des-