zrc» DE L- H O M M E.
Blâmer avec acharnement, est la manière de louerde l’envie. C’est le premier éloge que reçoit hauteurd’un bon ouvrage , Sc le seul qu’il puisse arracher deses rivaux. C’est à regret qu’on admire , c’est unique-ment foi qu’on veut trouver estimable. II n’est pres-que point d homme qui ne parvienne à se le persuader.A - t - on le lens commun ; on le préfère au génie.A-ton quelques petites vertus ; on les mer au dessusdes plus grands talens. On déprise tout ce qui n’estpas foi.
En fait d'envie , il n’est qu’un homme qui puistes’en croire exempt. C’est celui qui ne s’eft jamaisexaminé.
Le génie a pour protecteur (i 6) Sc panégyriste làjeunesse , Sc quelques hommes éclairés & vertueux.Mais leur impuissante protection (17) ne lui donne,ni crédit , ni considération. Quelle est cependant lanourriture commune du talent Sc de la vertu? la comíîdération Sc les éloges. Privé de cette nourriture, l’un& l’autre languistent Sc meurent; l’activité & l’énergiede lame s'éteignent. C’est la flamme qui 11’a plus rienà dévorer.
En presque tous les gouvernemens , les talens ,comme les prisonniers des Romains , condamnés Sclivrés aux bêtes, en íont la proie. Le génie est-il en
fontaines du siècle s'élevèrent contre Racine, 8e leur cri-tique eut du succès. Elle déchargea quelque temps lesfors du poids insupportable de l’estime.
mépris