DE L' H O M M E.
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CHAPITRE VIL
De la justice.
La justice est la conservatrice de la vie, de la li-berté des citoyens. Cliacun veut jouir de ses diversespropriétés. Chacun aime donc la justice dans les au-tres , & veut qu’ils soient justes à ion égard. Maisqui lui feroit defirer de l’être à 1 égard des autres !aime-t-on la justice pour la justice même, ou pour laconsidération quelle procure î c est 1 objet de monexamen.
L’homme s’ignore si souvent lui-même : on ap-perçoit tant de contradictions entre fa conduite & sesdiscours (a ), que pour le connoître, c’est dans ses ac-tions & dans fa nature même qu’il le faut étudier.
(a) En morale comme en religion, il est peu de ver-tueux & beaucoup d’hypocrites. Mille gens se parent desentimens qu’ils n’ont, ni ne peuvent avoir. Compare-t-on leur conduite avec leurs discours ; on ne voit en euxque des ffippons qui veulent faire des dupes. On doit, engénéral, se méfier'de la probité de quiconque affiche desmœurs trop austères 8c se donne pour Romain. II en estqui se montrent réellement vertueux au moment que latoile se lève, & qu’ils vont jouer un grand rôle fur la scènede ce monde. Mais dans le déshabillé, combien en est-ii• X z