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DE L’ H O M M E.
CHAPITRE VIII.
De la jujlice considérée dans f homme de la nature.
Pour juger l’homrae , considérons-le dans son étatprimitif, dans celui d’un sauvage encore farouche.Est-cel’équité que ce sauvage aime & respecte? non:mais la force. II n’a , ni dans son cœur d’idée de lajustice , ni dans fa langue de mots pour l’exprimer.Quelle idée pourroit il s’en former ? & qu’est-ce enester qu’une injustice ? la violation dune conventionou d’une loi faite pour l’avantage du plus grand nom-bre. L’injustice ne précède donc pas rétablisiement
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qui conservent la même honnêteté & soient toujoursjustes ?
Ce qui nsaffure de l’ainoiir des premiers Romains pourla vertu, c’est la connoissance de leurs lois & de leursmoeurs. Sans cette connoissance, la vertu des Romainsmodernes me fercit suspecter celle des premiers, & jedirois, comme le cardinal de Bessarion au sujet des mi-racles , que les nouveaux le font douter des anciens.
L'homme juste, mais éclairé, ne prétend point aimerla justice pour la justice même. Est-on fans reproche; onavoue fans honte que dans toutes ses actions, on n'eutjamaîs que son bonheur en vue ; mais qu'on l’a toujoursconfondu avec celui de ses concitoyens. Peu le placentaussi heureusement.