DE l’ h o m m e. 339
Du Gouvernement de tous.
Le pouvoir suprême est—il dans un état égalementréparti entre tous les ordres de citoyens ; la nationest le despote. Que deíìre t-elle ; le bien du plus grandnombre. Far quels moyens obtient-on la faveur r parles services qu’on lui rend. Alors toute action con-forme à 1 intérêt du grand nombre, est juste & ver-tueuse : alors l’amour du pouvoir , principe moteurdes citoyens, doit les néceffiter à l’amour de la justice6c des talens.
Quel est le produit de cet amour ? la félicité pu-blique.
La puissance suprême partagée dans toutes les clas-ses des citoyens , est l ame qui , répandue égalementdans tous les membres d’un Etat, le vivifie, le rendsain & robuste.
Qu’on ne s'étonne donc point si cette forme degouvernement a toujours été citée comme la meil-leure. Les citoyens libres Sc heureux n’y obéissentqu’à la légistation qu’eux mêmes se sont donnée ; ilsne voient au dessus d eux que la justice & la loi ; ilsvivent en paix , parce qu’au moral, comme au phy-sique, c’est l’équilibredes forces qui produit le repos.L ambition d’un homme la- t-elle rompu ; n’existe-t-il plus de dépendance entre les diverses classes decitoyens ; est il, ou comme en Perse un homme, oucomme en Pologne un corps de grands dont l'intérêts’ifole de celui de leur nation : l’on n’y rencontre que
Y x