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Chacun prétend l’aimer pour elle mime. Cette phraseest dans la bouche de rous, Sc dans le cœur d'aucun.Quel motif détermine l’austère anachorète à jeûner ,prendre le cilice & la discipline - 1 espoir du bonheuréternel ; il craint 1 enfer & deíìre le paradis.
Plaisir & douleur, ces principes productifs des vertusmonacales , font aussi les principes des vertus patrio-tiques. L’efpoir des récompenses les fait éclorre. Quel-qu amour désintéressé qu on affecte pour elles ,sansimérct d’aimer la vertu , point de vertu. Pour con-noître l’homme à cet égard . il faut l’étudier, non dansses discours , mais dans les actions. Quand je parle ,je mets un masque : quand j’agis , je luis forcé del’ôter. Ce n est plus alors fur ce que je dis , c'est furce que je fais que l’on me juge : Sc l’on me jugebien.
Qui plus que le clergé prêcha l’amour de 1 hu-milité ôc de la pauvreté? Sc qui mieux que l’histoiremème du cierge prouve la faulïète de cet amour?
En Bavière , sélecteur, dit-on ,a pour l’entretiende fes troupes , de (es justices & de fa cour , moinsde revenu que le cierge pour l’enrretien de (es prêtres.Cependant t n Bavière, comme par tout ailleurs , leclergé prêche la vertu de pauvreté. G’est donc la pau-vreté d’autrui qu’il prêche.
Pour savoir le cas réel qu’on fait de la vertu , su p- 'posons la reléguée près d’un prince dont elle ne puisseattendre , ni grâce , ni faveur. Quel respect à fa couraura t-on pour la vertu? aucun. Qn n’y peut estimer