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traint d’estimer dans la spéculation les héros qui sesont tendus utiles à leur patrie. Le tableau de l’hé-rouit ie ancien produit un respect involontaire danstoute ame qui n’est point encore entièrement dégradée.Mais dans mon concitoyen cet héroïime m est odieux.Jeprouveen fa présence deux sentimens contradictoi-res , 1 un d’estime , l’autre d’envie. Soumis à ces deuximpulsions différentes , je hais le héros vivant ; jedresse un trophée íur fa tombe , & satisfais ainsi monorgueil & ma raison. Lorsque la vertu est sans crédit,son impuissance me met en droit de la mépriser, &j’en profite. La foiblesse attire l’insulte ($ ç,-) & le dé-dain.
Pour être honoré de son vivant, il faut être fort(40).Auffi le pouvoir est-il Ionique objet du désir deshommes. Qu’ils aient à choisir entre les forces d’En-celade & les vertus d’Aristide ; c’est au don de la forcequ’ils donneront la préférence. De l’aveu de tous lescritiques, le caractère d’Enée est plus juste & plusvertueux que celui d’Achille. Pourquoi donc celui dudernier excite-r il plus d'admiration? c’est qu’Achilleest fort ; c’est qu’on désiré encore plus d erre puissantque juste, & qu’on admire toujours ce qu’on voudtoitêtre.
Sous le nom de vertu, c’est toujours le pouvoir Scla considération que l’on recherche. Pourquoi exigerau théâtre que la vertu y triomphe toujours du vice?qui fut l’inventeur de cette réglé ? le sentiment inté-rieur & confus qu’on n’aime dans la vertu que la coa-