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Tome troisième.
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DE L* H O M M E. ’ 35s

les sottises que l’écrivain eût dites (yi). Or il importepeu à une nation qu’un auteur diie des sottises; c’esttant pis pour lui : mais il lui importe beaucoup quele ministre n en faste point ; c’est tant pis pour elle.

La liberté de la preste n’a rien de contraire à l’in-térêt général (y 2) : cette liberté est dans un peuple1 aliment de lemulation. Quels hommes font chargésde 1 entretenir ? Les gens en place. Qu’ils veillent d’au-tant plus soigneusement à ía conservation , qu’unesois éteinte , il est prelque impostible de la rallumer.Un peuplé dejà policé tombe- t-il dans l’abrutistèment,quel remède à ce mal ? Nul autre que la conquête:elle feule peut redonner de nouvelles mœurs à ce peu-ple & le rendre de nouveau célèbre & puissant. Unpeuple est - il avili ; qu’U soit conquis. C’est le vœud un citoyen honnête ; d’un homme qui s'intéresse àla gloire de fa nation , qui se croit grand de sa gran-deur & heureux de son bonheur. Le vœu du despoten’est pas le même, parce qu’il ne se confond pointavec ses esclaves; parce qu’indiftérent à leur gloire,comme à leur bonheur,il n’est touché (53) que de leurservile obéissance.

Le sultan aveuglément obéi est content. Que bail-leurs ses sujets soient sans vertus, que l’empire s'af-faiblisse , qu’il périsie par la consomption , peu luiimporte : il suffit que la durée de la maladie en cachela véritable cause, & qu’on ne puisse en accuser 1 igno-rance du médecin. La seule crainte des sultans & deleurs viíìrs, c’est une convulsion subite dans l’empire.

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