Band 
Tome troisième.
Seite
376
JPEG-Download
 

Z7§ r» L L* H O M M E.

Du moment qu’instruits par l’éxpéric-nce, les prê-tres ont su qu’on rendoit plus à la crainte qu’à Tatr-our,qu’on présentoir plus d’offrandes à A riman qu’à Oro-maze, au cruel Mcloc qu’au doux Jésus, c’est fur laterreur qu’ils ont voulu fonder Jeur empire : ils ontvoulu pouvoir à leur gré brûler le Juif & 1 hérétique,emprisonner le Janséniste &c le Déiste, 5c malgré s hor-reur qu’inlpire à toute ame humaine 5c sensible letribunal de 1 inquisition , ils conçurent dès-lors le pro-jet de l etablir. Ce fut à force d intrigues qu’ils y par-vinrent en Eípagne, en Italie, en Portugal, 5cc.

Plus la manière de procéder de ce tribunal fut a»bitraire, plus il fut redouté. Les prêtres s’appercevantque la puistance íacerdotale s’accroistoir de toutes lesfrayeurs dont elle frappoit l’imagination des hommes,devinrent bientôt impitoyables. Le moine impuné-ment sourd au cri de la compassion , aux larmes de lamisère & aux gémissemens de la douleur , n'épargnani la vertu, ni les talens. Ce fut par la confiscation,des biens ; ce fut à laide des tortures Sc des bûchers,qu’il usurpa enfin sur les peuples une autorité supé-rieure à cèìle des magistrats & souvent même à celledes rois. Mais quelle main hardie osa jeter dans unroyaume chrétien les fondemens d’un pareil tribunal ìL ambition sacerdotale l’édifia ; la stupidité des peu-ples & des princes la lailsa faire.

N’est-il donc plus dans l’église catholique de Fé-nélon ôc de Fuz-James qui , touchés des maux daleurs semblables, voient avec horreur un pareil ni-